12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 17:54

  Demain, dimanche 13 novembre, c'est la journée de la gentillesse. Qui mieux que Christophe pourrait mieux nous en parler ?

CHRISTOPHE ANDRÉ : CONFESSIONS D'UN GENTIL

"Tout gentil que je puisse paraître, il m’est arrivé d’être méchant, à certains moments, avec certaines personnes. J’y repense souvent : horreur et culpabilité. C’est d’ailleurs une de mes motivations à l’être aujourd’hui : je me sens mal lorsque je ne l’ai pas été. C’est souvent à cause du stress : je ne fais alors plus assez attention aux autres. Le spleen, en revanche, augmente ma gentillesse, car il accroît ma sensibilité au malheur. Mais il la rend mélancolique, endolorie : il en fait une gentillesse triste. Je la préfère joyeuse.

Tout petit ? J’étais déjà gentil. Par empathie : je n’aimais pas voir les autres souffrir ou être malheureux. Et puis j’étais timide : alors je me réfugiais dans la gentillesse, pour que l’on m’aime, et parce que je ne savais pas dire non. Mais au-delà de cette nécessité, j’ai vu aussi que c’était utile d’être gentil : très efficace pour se faire apprécier et pour se faire aider.


En grandissant, j’ai compris plus clairement encore que la gentillesse était une force. Mais à étoffer. Par exemple, j’ai appris à m’affirmer (dire non, donner mon avis) tout en restant gentil. S’affirmer et être gentil, c’est tout à fait compatible. Les gens pensent que pour s’affirmer, il faut cesser de l’être. Non ! Je le rappelle souvent à mes patients : ne soyez pas moins gentils, mais plus affirmés !

Depuis que je suis devenu médecin, la gentillesse est à mes yeux une nécessité absolue, indiscutable. Je m’efforce d’en faire chez moi la règle, l’habitude. Pour les personnes qui souffrent, elle est d’une douceur infinie. Je me souviens de mes gardes aux urgences chirurgicales, de patients que j’apaisais en leur parlant gentiment, doucement, en leur caressant la main ou le front, en leur expliquant ce qu’ils avaient et ce que l’on allait faire pour les soigner. Aujourd’hui encore, je tente d’offrir le maximum possible de gentillesse à mes patients, surtout aux nouveaux, à ceux qui arrivent pleins de peur et de honte. Ma spiritualité bicéphale – christianisme et bouddhisme – me rappelle chaque jour la force de la douceur et de la compassion : la gentillesse est un don, sans conditions et sans attentes. On donne, et puis on verra bien ; et on continue, même si on ne voit rien.

Chaque jour, je m’applique donc à une gentillesse joyeuse. Je suis moins souvent que jadis dans la gentillesse « aimez-moi », davantage dans la gentillesse « je vous aime et j’aime la vie ». Être gentil me rend heureux. Et être heureux me rend gentil. Trop de chance !

Source : PSYCHOLOGIES MAGAZINE

  coeur rose du bonheur

Partager cet article

Repost 0
Published by LE CHEMIN DU BONHEUR - dans DE TOUT ET DE MOI

Présentation

*

[]

Articles Récents