30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 12:29


Parfois, avec un temps morose qui nous illumine de grisaille, une pluie fine qui nous transperce l'âme, nous avons besoin d'un peu d'optimisme, alors, je joue à un  petit jeu, à la manière de Georges Perrec dans son livre je me souviens, je cherche dans ma mémoire, des sensations, des émotions, des souvenirs furtifs et légers comme un rayon de soleil. 

 

L'esprit ne peut penser à plusieurs choses en même temps, alors, si nous lui apportons régulièrement des bouffées d'optimisme, plutôt que de l'entretenir avec nos ruminations trites, même si elles sont justifiées, notre moral refleurira un tout petit peu au lieu de sombrer au fond du gouffre. Comme je le dis toujours "ce ne sont pas les évènements qui nous perturbent, mais l'interprétation qu'on en fait".


JE ME SOUVIENS de la bonne odeur de pain qui embaumait l'immeuble où j'habitais petite fille, et qui m'a donné envie de faire moi-même mon pain.


JE ME SOUVIENS des fables de LA FONTAINE que ma grand-mère me récitait lorsqu'elle trayait les vaches sur son petit tabouret patiné par les années et brillant comme un miroir.


JE ME SOUVIENS du silence et du bourdonnement des abeilles dans le jardin de mon enfance qui m'emportaient très loin sur les ailes des fées.


JE ME SOUVIENS des marches usées du Mont-Saint-MIchel et de cette étrange impression de faire partie du monde des hommes.


JE ME SOUVIENS des dentelles de givre comme des guirlandes de verre translucide sur les arbres empierrés de diamants, un hiver de désespérance qui m'ont redonné le goût du bonheur.


JE ME SOUVIENS du soleil couchant à l'étang du Moulin, de l'eau transparente du vent dans les branches, ou j'ai compris que le bonheur était là, tout simplement.


JE ME SOUVIENS de l'attente des baleines devant l'océan pacifique ou j'ai appris que l'attente n'était pas que l'anti-chambre du bonheur, mais la vie.


JE ME SOUVIENS du paon qui faisait la roue dans un éclat tremblant de magnificence vert et bleu, instant magique de beauté pure et gratuite offerte comme une goutte de rosée en suspension sur une toile d'araignée.


JE ME SOUVIENS du premier baiser, sur mes lèvres à peine effleurées, au crépuscule de mes seize ans.


JE ME SOUVIENS de mes quatre caniches, et moi, en reine des bergères entourée d'amour inconditionnel.


JE ME SOUVIENS de tous mes chats, souvenir soyeux, ronronnant, libre, indépendant et jamais oubliés.


JE ME SOUVIENS de l'amour et de l'amitié, qui m'ont permis de vivre, et d'inventer mon chemin du bonheur.

 

JE ME SOUVIENS de ne pas oublier le bonheur...

 

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Published by LE CHEMIN DU BONHEUR - dans DE TOUT ET DE MOI

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