29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 06:30


 

J'étais toute petite, tous les jours on m'emmenait au supplice : j'aillais à l'école maternelle, chaque journée durait mille ans.


Mon père me raconte, souvent, qu'étant venu me récupérer de cet enfer un soir, je lui avais demandé "pourquoi tu n'es pas venu me chercher hier ?"


Je passais ainsi d'horribles journées dans une sombre école Jules Ferry avec des fenêtres grillagées, un horrible préau qui puait le désinfectant, des couloirs infâmes avec des rangées de manteaux suspendus comme des défroques inanimées. 


C'était une école maternelle comme il n'en existe plus, enfin je l'espère, les bambins que nous étions étaient assis derrière des bureaux deux par deux, et ne devaient pas bouger un cil. Vous avez dit dressage ?


 J'avais un petit voisin que j'aimais... Et oui, à 4 ou 5 ans les enfants savent ce que c'est qu'être amoureux. Ce sentiment délicieux qui vous donne des ailes, j'aurais tendance à dire, que finalement c'est peut-être l'âge de l'amour parfait sans attente, seulement dans le don, et l'amour.

Assise à côté de mon petit amoureux, j'ai soudain été prise  d'un accès de tendresse et je l'ai embrassé...


Quand,  la maîtresse vieille harpie de l'ancien régime qui nous menait à la baguette, me surprend dans  ce qu'elle a, de toute évidence, considéré comme une honteuse transgression, et se met à vociférer : 


"Dites-donc Mademoiselle QUÉLENN,  où vous croyez-vous ?"


 Où voulait-elle que je me crois cette mégère, mais au paradis où tout le monde s'aime !


Vous imaginez la honte d'un petit bout de chou, peu habituée aux effusions, chez mes parents les sentiments ne se montraient ni ne s'exprimaient, qui se voit ainsi stigmatisée devant tout le monde ?


Déjà je n'aimais pas l'école, mais alors, là, ce fut le début d'un rejet viscéral qui ne s'est pas effacé. 


 

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Published by LE CHEMIN DU BONHEUR - dans MATIERE A REFLEXION

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