11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 12:06


J'aime COLETTE, son oeuvre, sa vie, son amour pour les chats. (voir ici et ici)

 

Colette avait contourné les affres de la page blanche en écrivant sur un magnifique papier bleu avec l'un de ses beaux stylographes qu'elle affectionnait  et rangeait en bouquet dans un pot de grès.


"Les chats attaquent par bonds verticaux les phalènes, dans l'air de dix heures bleu de volubilis".


Cette phrase de la naissance du jour prise au hasard (bien sûr, vous le savez le hasard n'existe pas le mot "chat" m'a happée sans que je veuille me l'avouer), me parle, me séduit, me transporte. J'aime la poésie des mots chez Colette, et j'aime sa vie transgressive, sa liberté de ton et d'esprit. Colette est toujours surprenant.

Avez-vous jamais entendu sa voix ? Cette voix rocailleuse, grave chantante ronde qui n'a jamais perdu son accent bourguignon ? La première fois que je l'ai écoutée, ce fut un choc, comment cette femme aux mots si butils pouvait-elle avoir cet accent si.... étrange ? Mais, n'était-ce pas sa manière à elle de rester fidèle à sa Puysaye natale, à sa mère Sido, de garder ses racines, peut-être, ou comme on dit en analyse de faire "résistance" ?

 

Comme pour tout ce que j'aime, j'ai envie d'aller aux sources de la connaissance. Je vais régulièrement me promener dans  son village natal à Saint-Sauveur en Puysaye voir et revoir le musée qui lui est consacré, où, grâce à la donation de sa fille les lieux où elle vivait au Palais-Royal ont pu être reconstitués.

 

On peut notamment y admirer les sulfures qu'elle collectionnait et un superbe chat en grès flammé de Rambervillers.

 

Elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise avec sa fille sous une simple dalle de granit rose. 

 Il y a parai-il un ange pour les collectionneurs, alors, au fil des années j'ai accumulé ses oeuvres dans différentes éditions. J'ai eu la chance de rencontrer quelqu'un, grand admirateur de son oeuvre, qui l'avait rencontrée, et qui pendant la guerre lui envoyait du beurre de Bretagne. Colette, si gourmande, avait tout un réseau  d'admirateurs qui lui rendait ainsi hommage, avec qui elle échangeait une correspondance gourmande.


 

Je me suis également intéressée à ses illustrateurs, il en est un que j'aime particulièrement : Jacques NAM. Il a illustré plusieurs oeuvres de Colette dont dialogues de bêtes, le premier livre qu'elle a signé de son seul nom et non pas de celui de son premier mari Willy. Lui aussi aimait les chats au point de leur consacrer une grande partie de son oeuvre.


Un autre de ses illustrateurs est un peintre breton Mathurin Méheut dont on peut visiter la maison transformée en musée à Lamballe. Méheut a illustré en 1929 pour Colette le splendide  livre "REGARDE" colorié au pochoir, que je contemple toujours avec le même plaisir. On peut y admirer un "splendide petit crabe bleu, rechampi de rouge aux articulations" Des poissons aux éclatantes couleurs primaires, une mer parfois jaune et des algues oranges constellées d'étoiles de mer.


 Je me suis évidemment passionnée pour sa vie hors normes, et je collectionne ses biographies, et râle au passage lorsque je lis des inexactitudes ! J'ai eu le bonheur de faire des conférences sur elle et ce fut un vrai bonheur. J'adore faire le rat de bibliothèque. Je m'aperçois en écrivant, que ma passion pour Colette est finalement assez exclusive, puisque je lui ai consacré une bibliothèque entière : Colette ne se mélange pas.

 

 

 dialogues-de-betes.jpg

 "DIALOGUES DE BETES" DE COLETTE ILLUSTRE PAR JACQUES NAM


                                          photo-Colette-dedicacee.jpg

PHOTO AUTOGRAPHE DE COLETTE

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Published by LE CHEMIN DU BONHEUR - dans CULTURE

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