16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 18:11
J'ai lu ce livre il y a déjà quelques temps, et comme je suis en pleine restructuration de mes bibliothèques, j'ai eu envie de vous en parler et finalement de rajouter une xème catégorie  "LIVRES PASSION" 

"FAUT-IL EXISTER EN DEHORS DE SOI ?" se demande Arnold SPITZWEG le héros de Philippe DELERM.

Arnold pratique en orfèvre l'art de la contemplation et de la lenteur. Ce livre est une ode à l'observation de ces petits rien qui donnent, à qui veut les voir, une saveur merveilleuse à la vie de tous les jours.

Je n'échappe pas, en essayant de vous parler de ce livre, au jeu des miroirs ni à l'identification. Je me suis projetée dans ce petit roman, en y retrouvant mon goût pour les mots, Paris, la contemplation.

Je me suis approprié ses références parce qu'elles sont miennes : la magnifique restaurant XIXème du Train Bleu où j'aime m'évader en rêvant à Venise, la brasserie Chartier qui me replonge dans un Paris oublié, Brugges et ses canaux qui m'enchantent, La Fontaine et ses fables dont j'achète les éditions illustrées que je trouve en brocante, Maigret et ses silences, et même, étonnamment  Donna Léon dont tous les livres nous entrainent sur les canaux de la Sérénissime à la suite du commissaire Brunetti...

Mais ce n'est pas tout ! Arnold SPITZWEG a cédé aux sirènes de la modernité et tient un blog ou il évoque son goût de la lenteur, ses promenades dans Paris dont il aime sublimer l'instant, une apologie de la simplicité et des bonheurs minuscules...

Donc, ce roman s'adresse à nous, qui au quotidien, laissons un peu de nous dans cet empire du virtuel.

Combien serons-nous à  nous y retrouver, comme si ce livre était spécialement écrit pour nous ? Serons-nous nombreux avec cet instinct remontant au plus fort de l'enfance,  à vouloir garder pour nous seuls, comme un précieux secret  la découverte de ce livre qui parle si bien de nous ? Et puis l'adulte cède le pas à l'enfant égoïste et l'idée de partage refait surface : lisez ce livre, il vous entrainera vers une étonnante réflexion sur vous-mêmes.

Si, vous êtes sensibles, à la couleur du temps, à la caresse du vent, au souffle du soleil, à une solitude choisie, au bonheur d'être ici et maintenant ce livre est pour vous. A chaque fois que vous le poserez, vous repartirez avec une merveilleuse petite phrase dans la tête à déguster comme un cadeau :


- La télévision qu'il ressent comme une nébulosité absente.

- Un miracle fragile


- La nonchalance de la déambulation


Un petit extrait ?

- "Pour sa part, Arnold ne trouvait pas d'antinomie entre sa disposition à vivre des petites bulles de temps arrêté et le désir de les prolonger, de les authentifier avec des mots. Peut-être parce qu'il ne pouvait prétendre au style ? Il posait les mots comme ils lui venaient sans réel effort et sans recherche. Il éprouvait à l'inverse des grands écrivains voués au silence la délicieuse sensation de multiplier le pouvoir du présent par la tentation de le dire."


"Le luxe rigoureux. Arnold sourit dans son îlot. Le vrai voyage, c'est de devenir le Train bleu."

  Le TRAIN BLEU, c'est un des luxes que je m'offre lorsque je suisde passage à la gare de LYON : l'intense plaisir de boire un café dans un lieu miraculeusement préservé qui me fait rêver d'un autre temps ou l'on prenait le temps.


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Published by LE CHEMIN DU BONHEUR - dans LIVRES

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